Rubgy: soupçonné de malversations financières, Claude Atcher placé en garde à vue puis relâché

Posté le 15/05/2024

Paris, 15 mai 2024 (AFP) - L'ancien directeur général de la Coupe du monde de rugby 2023, Claude Atcher, a été placé en garde à vue mardi et mercredi à Paris, a indiqué une source proche du dossier à l'AFP.

L'ex-homme fort du rugby, âgé de 68 ans, a été relâché sans poursuite à ce stade, selon cette source. Il a été interrogé par les gendarmes de la Section de recherches de Paris, comme l'avait révélé Le Canard enchaîné mardi.

Ses avocats, Mes Emmanuel Moyne et Geoffroy Goubin, n'ont pas répondu aux sollicitations de l'AFP.

Sa garde à vue est intervenue dans le cadre de l'enquête ouverte en octobre 2022 par le Parquet national financier (PNF) pour favoritisme, trafic d'influence, corruption, prise illégale d'intérêts et vente illégale de places.

Les investigations "se poursuivent", a souligné la source proche du dossier.

L'affaire a débuté à l'été 2022.

En juin, le quotidien sportif L'Equipe révèle des témoignages anonymes au sein du Groupement d'intérêt public (GIP) France 2023, sous le coup d'un "management par la terreur" attribué à Claude Atcher et sa cheffe de cabinet. Le ministère des Sports saisit alors l'inspection du travail.

Par ailleurs, l'Inspection générale des finances (IGF) et l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR) émettent un signalement sur différents éléments: marchés passés, billetterie et véhicules à la disposition de M. Atcher... Ce qui aboutit à l'ouverture d'une enquête au PNF.

En parallèle, le parquet de Paris ouvre aussi une enquête pour harcèlement moral.

Dans la tourmente, Claude Atcher est d'abord mis à pied à titre conservatoire, puis destitué à l'issue d'un conseil d'administration du GIP le 10 octobre.

Depuis le début, M. Atcher conteste vigoureusement.

Dans un livre publié fin mars et intitulé "Dans l'ombre de la Coupe" (En Exergue Editions), il règle ses comptes et décrit le "vide" d'une "violence extrême" après son licenciement.

Il a aussi relancé fin mars son offensive judiciaire, après avoir essuyé le classement de deux plaintes contre X pour abus de confiance et pour subornation de témoin, demandant cette fois à un juge d'instruction d'enquêter sur les conditions de sa révocation.

"J'ai besoin de savoir ce qui s'est passé", avait-il expliqué fin mars à l'AFP. "Si je suis coupable de choses, je suis d'accord pour en payer le prix, mais je veux des enquêtes".

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